jeudi 5 septembre 2019

Bivouac


Une des grandes surprises de mon trek, c'est d'avoir réussi à bivouaquer 6 jours sur 7. 
Je pensais que ce serait impossible à cause des interdictions, des gardes forestiers, des paysans... Mais en fait, non seulement on a parfaitement le droit de bivouaquer en altitude entre 19h et 7h du matin mais même les paysans croisés n'ont jamais émis la moindre objection. 
J'ai mon classement personnel de une à cinq étoiles pour les bivouacs.
La première étoile, c'est pour un endroit plat et sûr (sans risque de chutes de pierres, d'inondations subites, de danger quelconque)
La deuxième étoile, c'est pour un endroit caché et abrité des regards.
La troisième, c'est la proximité de l'eau pour s'approvisionner et se laver.
La quatrième, c'est d'avoir du bois pour faire le feu, sans danger pour l'environnement. (j'ai évité dans les Alpes Maritimes)
La cinquième, c'est d'avoir une vue magnifique.
J'ai très rarement eu des bivouacs une étoile, le plus souvent quatre et quelquefois cinq.
Pour établir le campement et positionner mon tarp, j'ai souvent d'abord allumé le feu pour bien déterminer le sens du vent. Avoir choisi de dormir sous un tarp a été une expérience exceptionnelle et sans danger aucun. Je n'ai jamais été piqué par un animal ni reçu en pleine nuit une visite importune. Le matin, il y avait parfois des traces de limace sur mon tapis de sol. Dormir sous un tarp, c'est vraiment se connecter pleinement avec la nature et domestiquer ses peurs.
En partant sur tant de jours et aussi tôt dans la saison avant l'ouverture des refuges, il me fallait prendre par sécurité une tente. En fait, je n'aime pas trop les refuges en raison de la promiscuité et du bruit  et ça a été une chance immense pour moi de pouvoir dormir dehors. Je m'arrêtais tous les 6 jours pour recharger mes deux power banks dans des refuges, des bed and breakfast ou des campings plus tard en Suisse ou en France. J'aurais pu prendre un panneau solaire mais ça allait encore alourdir mon paquetage.

jeudi 29 août 2019

mon itinéraire sur 80 jours


J'ai "tricoté" mon propre itinéraire à partir des données trouvées sur le site de la Via Alpina, quelques variantes suivies par le couple du site via solaria (voir les liens) et enfin j'ai fait un crochet à la fin pour passer dans la vallée des Merveilles où tous les chamois des Alpes s'étaient donné rendez-vous, un spectacle magique.

Les étapes de la Via Alpina ont été établies pour des gens qui dorment en refuge. Ca donne parfois des étapes trop longues (38 km) ou trop courtes (8 km). Sans compter que les refuges n'ouvrent pas avant le 15 juin et même le 1er juillet et que parfois ils sont pleins.

Au risque de trop démystifier la légende de la Via Alpina, j'ai trouvé parfois que certaines étapes n'étaient pas très intéressantes pour différentes raisons : soit parce que ce sont des étapes de transition, soit parce qu’elles suivent des routes asphaltées sur plusieurs kilomètres ou bien qu’elles longent les versants de vallées très bruyantes et très passantes (Dolomites ou bien en Suisse, rendez-vous des motards et des voitures de sport!). Et parfois, j'ai ressenti un effet "méandre", la Via Alpina suit toutes sortes de détours alors qu'on peut prendre des routes plus directes, ce qui compte vraiment quand on réalise un trek aussi long.

Les temps indiqués en Italie sont souvent assez fantaisistes, 1h30 se transforme facilement en 3h dans les Dolomites.

Assez difficile de s’y retrouver dans les noms en Italie dans les Dolomites puis après dans la partie germanophone de l’Italie. (Vernagt Vernago UnserFraü madona di Senalles pour le même lieu : en fait c'est le lac de Vernago qui donne son nom au lieu mais sur les panneaux du village, c'est Madonna di Senalles).
J'ai souvent tâché d'établir mon campement avant l'arrivée de l'étape afin d'être sûr d'arriver dans le village pendant les heures d'ouverture du commerce d'alimentation.
CROATIE

JOUR 1/ 2 juin. Lac Bohinj > refuge Dom na Komni R10
JOUR 2/ 3 juin. Refuge Dom na Komni > refuge d'hiver Dolic R11+R12
JOUR 3/ 4 juin. Refuge d'hiver Dolic > Trenta R13
JOUR 4/ 5 juin. Trenta > Tolmezzo.

ITALIE

JOUR 5/ 6 juin. Tolmezzo > Moggio Udinese B11 

JOUR 6/ 7 juin. Tolmezzo > Arta Terme B12

JOUR 7/ 8 juin. Arta Terme > Ovaro B13

JOUR 8/ 9 juin. Ovaro > Forcella Pieltinis B14

JOUR 9/ 10 juin. Forcella Pieltinis > Sauris di Sotto B14

JOUR 10/ 11 juin. Forni di Sopra > près ref. Flabian Paccherini B16

JOUR 11/ 12 juin. près ref. Flabian Paccherini > ref. Pordenone B16

JOUR 12/ 13 juin. ref. Pordenone > près ref. Padova B17

JOUR 13/ 14 juin. Près ref. Padova > près ref. Capanna degli Alpini B18

JOUR 14/ 15 juin. près ref. Capanna degli Alpini > San Vito di Caldore B18

JOUR 15/ 16 juin. San Vito di Caldore > Ref. Citta di Fiume B19

JOUR 16/ 17 juin. Ref. Citta di Fiume > Federe B20 

JOUR 17/ 18 juin. Federe > Pieve di Livanallongo B20

JOUR 18/ 19 juin. Pieve di Livanallongo > avant Penia B21 ; B22 ; B23

JOUR 19/ 20 juin. Avant Penia > val Duron B24

JOUR 20/ 21 juin. Val Duron > Oberbozen B25 ; B26

JOUR 21/ 22 juin. Oberbozen ; Dorf Tyrol B27

JOUR 22/ 23 juin. Dorf Tyrol > Naturno B28

JOUR 23/ 24 juin. Naturno > Vernago B29 ; B30 ; B31a

JOUR 24/ 25 juin. Vernago > Vent B31b ; B32

AUTRICHE

JOUR 25/ 26 juin. Vent > Wenns B33 ; B34 ; B35

JOUR 26/ 27 juin. Wenns > Zams am Inn B36

JOUR 27/ 28 juin. Unteralm Loch > après Memminger hütte B37

JOUR 28/ 29 juin. après Memminger hütte > Holzgaü B38

ALLEMAGNE

JOUR 29/ 30 juin. Holzgaü > Kemptner hütte B39

JOUR 30/ 1 juillet. Kemptner hütte > Obersdorf B40 ; R51

JOUR 31/ 2 juillet. Obersdorf > Schröken R52



AUTRICHE


JOUR 32/ 3 juillet. Schröken > Bochbuden R53

JOUR 33/ 4 juillet. Bochbuden > Thurigerberg R54

JOUR 34/ 5 juillet. Thurigerberg > Feldkirch hütte R55 ; R56


LIECHTENSTEIN

JOUR 35/ 6 juillet. Feldkirch hütte > avant Gafadura hütte R56

JOUR 36/ 7 juillet. avant Gafadura hütte > Sücka R57 ; C1

JOUR 37/ 8 juillet. Sücka > Weistanen C2 ; C3a


SUISSE

JOUR 38/ 9 juillet. Weistanen > Elm. C3b

JOUR 39/ 10 juillet. Elm > Linthal C4

JOUR 40/ 11 juillet. Linthal > Urnerboden C5

JOUR 41/ 12 juillet. Urnerboden > Glarus > Urnerboden C5

JOUR 42/ 13 juillet. Urnerboden > Asch C5

JOUR 43/ 14 juillet. Asch > Altdorf (Attinghausen) C6

JOUR 44/ 15 juillet. Altdorf > Engelberg C7

JOUR 45/ 16 juillet. Engerlberg > Meiringen C8a ; C8b

JOUR 46/ 17 juillet. Meiringen > Grindelwald C9

JOUR 47/ 18 juillet. Grindelwald > Lauterbrunnen C10

JOUR 48/ 19 juillet. Lauterbrunnen > Griesalp C11

JOUR 49/ 20 juillet.  Griesalp > Kandersteg C12

JOUR 50/ 21 juillet. Kandersteg > Abelboden C13 variante

JOUR 51/ 22 juillet. Abelboden > Lenk R101

JOUR 52/ 23 juillet. Lenk > Gsteig R102 ; R103

JOUR 53/ 24 juillet. Gsteig > Godey R104

JOUR 54/ 25 juillet. Godey > avant Col du Grand Saint Bernard R116

JOUR 55/ 26 juillet. avant Col du Grand Saint Bernard > col Citrin R117

ITALIE Val d’Aoste
JOUR 56/ 27 juillet. Col Citrin > Arvier R118

JOUR 57/ 28 juillet. Arvier > après ref. Archebocq R119

FRANCE
JOUR 58/ 29 juillet. Après ref. Archebocq > av ref. Le Monal R120

JOUR 59/ 30 juillet. Le Monal > Tignes les Boisses R121

JOUR 60/ 31 juillet. Tignes les Boisses > avant ref. de la Leisse R122

JOUR 61/ 1 août. Avant ref. de la Leisse > Termignon R123 

JOUR 62/2 août. Termignon > Modane R124

JOUR 63/ 3 août. Modane > Granges de la vallée étroite R125

JOUR 64/ 4 août. Granges de la Vallée étroite > Nevache R126

JOUR 65/ 5 août. Névache > Monetier R127

JOUR 66/ 6 août. Monetier > Vallouise R128

JOUR 67/ 7 août. Vallouise > Freissinière R129

JOUR 68/ 8 août. Freissinière > Guillestre R130

JOUR 69/ 9 août. Guillestre > lac Saint-Clair

JOUR 70/ 10 août. Lac saint-Clair > Maljasset

JOUR 71/ 11 août. Maljasset > col Stropia 

JOUR 72/12 août. Col Stropia > hameau Le Pra D53 ; D54

JOUR 73/ 13 août. Le Pra > Roya D55

JOUR 74/ 14 août. Roya > Roubion D56 ; D57 

JOUR 75/ 15 août. Roubion > Saint-Martin-de-Vésubie D57 ; D58 

JOUR 76/ 16 août. Saint-Martin-de-Vésubie > avant ref.Merveilles 

JOUR 77/ 17 août. Av ref. Merveilles > Le Moulinet H.C ; D60

JOUR 78/ 18 août. Le Moulinet > Sospel D61

JOUR 79/ 19 août. Sospel > Peille R160

JOUR 80/20 août. Peille > Monaco R161



Liens


Le site officiel de la via alpina sur lequel on peut télécharger tous les itinéraires, les topoguides et les traces GPX.  http://www.via-alpina.org/fr/
Excellent site en anglais d'un marcheur hors pair et grand communicant    https://darwinonthetrail.com/  Une vraie source d'inspiration sur la philosophie du trek en ultra léger, tellement léger qu'il  a même fini par supprimer le réchaud.
Le site de ces deux jeunes qui ont couvert la Via Alpina en 75 jours m'a beaucoup inspiré. J'ai souvent suivi leurs topoguides qui étaient plus précis que ceux de la Via Alpina et surtout il y avait beaucoup de raccourcis très utiles.  http://traverseedesalpes.blogspot.com/ 
Et celui-ci aussi de ce couple qui l'a couvert en 90 jours sur deux étés en 2013 et 2015. Plein de conseils pratiques. https://notreviaalpina.jimdo.com/

mardi 27 août 2019

Préparation physique et mentale



J’ai 53 ans et je ne crois pas que j’aurais pu me lancer dans cette aventure plus tôt. J’avais déjà connu des expériences de trek en solo qui n’avaient jamais dépassé 5 jours. Il faut se sentir bien avec soi-même, être apaisé, avoir domestiqué ses peurs y compris celles que suscitent vos amis bienveillants qui vous demandent comment vous réagirez face aux ours et aux loups. C’est une formidable sensation d’être seul dans la nature avec sa maison sur le dos et de ne devoir compter que sur soi-même, de retrouver au fond de soi un instinct de survie et d’adaptation. En chemin, il y a de nouvelles peurs qui naissent, pour ma part en franchissant des précipices et des endroits escarpés et glissants dans la neige et sur le caillou. Des endroits qui ont suscité des cauchemars après coup et où j’espère ne jamais avoir à passer à nouveau. Mais presque jusqu’au dernier jour, j’ai été confronté à cette peur de tomber.
Je pratique la rando depuis très longtemps et mon terrain de jeu est l'Indonésie où je vis. Je grimpe très régulièrement des volcans et organise des treks de plusieurs jours. J'ai fait des rando dans les mois précédant mon départ afin de tester le matériel.

Je suis un adepte du yoga Iyengar depuis 4 ans que je pratique à raison de 6 heures par semaine. En plus de la musculation profonde et de l'équilibre que ça apporte, ça contribue à renforcer les jambes.

Je cours aussi, pratiquant assidu du Bali Hash House Harriers, des courses de type trail  dans les rizières et la jungle de Bali, toujours suivies d'une troisième mi-temps pleine de rires et où la bière coule à flots.

Dans les mois qui ont précédé mon départ, pour améliorer le cardio, j'ai fait pas mal de vélo et de natation. C'est le seul sport avec la natation qui permet de faire de l'endurance à un rythme compris entre 120 et 130 pulsations par minute, j'ai senti rapidement les bénéfices pour la course et plus tard pour le trek.


Concernant la préparation mentale, j'ai commencé la méditation Vipassana il y a déjà 6 ans, des retraites silencieuses de 10 jours qui contribuent entre autres à apprécier la solitude et la compagnie de soi-même. Et puis je jeûne (méthode Buchinger) pendant 4 sessions de 10 jours par an. J'ai bien consience que ces pratiques requièrent une grande discipline personnelle et qu'elles ont beaucoup contribué à mon équilibre pendant ces 80 jours.




Cuisine et alimentation

Bien manger pendant un long trek, ce n'est pas seulement ingurgiter le nombre de calories nécessaires avec les contraintes liées au poids de la nourriture, le mode de cuisson, le matériel de cuisine limité, les difficultés d'approvisionnement, le prix.... c'est avant tout pour moi le plaisir démultiplié  de goûter à des mets simples cuisinés avec des moyens de fortune, des saveurs qu'on ne s'attend pas à trouver à 2000m au milieu de la nature. Mon expérience de la voile il y a 25 ans m'a fait prendre conscience de l'importance du repas en expédition, rien ne procure autant de plaisir et de réconfort qu'un petit plat goûteux, ça contribue grandement au moral des troupes et plus encore quand la troupe est réduite à un seul homme.

Petit-déjeuner: polenta ou semoule avec au choix et selon les appros des fruits secs (pruneaux, raisins...), des graines (tournesol, sésame...), du chocolat, du fromage, des oeufs...

Déjeuner froid: 100 à 125 gr de fromage ; de l'ail ou de l'oignon cru ; des cacahuètes ; parfois du pain avec de la mayonnaise ou du raifort ; parfois un oeuf dur ; parfois un fruit ou des fruits secs (raisins) ou du chocolat.

Diner : parfois apéritif avec cacahuètes ou graines et alcool ou bière ; soupe épaisse en faisant revenir oignon et poivron et/fenouil, avec des pâtes. Si la soupe n'était pas épaissie avec une demi-ration de purée, parfois je faisais une purée avec du maquereau ou de la sardine en plat principal. 

Si le dîner a souvent été autant une fête, c'est parce que j'ai pu cuisiner au feu de bois et ne pas être limité par la quantité d'alcool que je transportais. Outre le fait qu'il donne une saveur particulière à la cuisine, c'est aussi l'élément central de l'atmosphère d'un campement. J'ai pu faire du feu presque partout, je me suis juste interdit de l'allumer à la fin du trek dans les Alpes Maritimes en raison de la sécheresse.

Entre les repas, il y a eu des collations avec des biscuits, du chocolat, des fruits secs et beaucoup de fruits rouges à partir de l'Autriche, des fraises des bois, des framboises, des myrtilles, des cerises, des groseilles et des mûres.

Je me suis affiné pendant le trek mais jamais je n'ai eu faim.

Fonds d’épicerie : poivre, piment de cayenne, bouillons cube légumes bio, mélange arrabiata deshydraté. J’ai eu aussi au début des légumes que j’avais deshydratés (tomates, oignon, ail, salade…) c’est très bon et très facile à utiliser. Deshydraté à 40° pour garder les vitamines et ça concentre vraiment le goût.

Orientation et cartographie


Grâce au site Via Alpina, on prépare au fil des semaines son itinéraire. Pour ma part, je m'étais fixé comme objectif de passer dans les 8 pays participant à ce projet collectif et à couvrir les 1500km en 80 jours. J'ai donc mêlé un peu de tous les itinéraires pour tracer une route la plus directe possible tout en profitant au maximum des points d'intérêts et des sites les plus beaux de l'arc alpin. J'ai couché tout cela sur un tableur, imprimé en A3 et plastifié ce document que j'avais dans mon sac à dos et aussi en format digital sur mon téléphone.

Comme il semblait impossible d'emporter avec soi les cartes pour couvrir 1500km à travers 8 pays et l'intégralité des Alpes, je me suis résolu à faire confiance à mon téléphone sur lequel j'avais installé l'application OSMAND (Open Street Map). Moyennant une cotisation annuelle de moins de 10 euros, on télécharge à l'avance autant de cartes qu'on veut, y compris les courbes de niveau quand elles existent. Et ça marche! (sauf à un certain moment en Slovénie, impossible de trouver le signal GPS).
Hormis toutes les cartes couvrant les 8 pays traversés, j'ai téléchargé les traces GPX depuis le site de la via Alpina concernant mon trajet, ainsi que les topo-guides concernés directement en format PDF. Tout ça a très bien fonctionné. Le seul maillon faible, c'était le téléphone, s'il tombait par terre ou en panne, ou si ma batterie était à sec malgré mes deux powerbanks de 10000mah me fournissant une autonomie de 7 jours.

Mon téléphone s'est arrêté de fonctionner en Suisse, au bout de 35 jours. Catastrophe! J'ai dû prendre le train et me rendre dans un magasin de téléphone où l'employé l'a rallumé en quelques secondes. Si ça vous arrive, il suffit d'appuyer simultanément et longuement sur la touche marche et moins du volume!

J'avais aussi préparé des cartes grâce à Google Maps en noir et blanc, format A3, sauvegardées en PDF sur ma liseuse mais il faut avouer que c'était vraiment illisible et impossible à utiliser. 

La sécurité aurait voulu que j'ai un second téléphone mais j'ai voulu économiser 200gr dans mon paquetage et je pensais pouvoir compter sur ma liseuse qui a cassé elle aussi après un choc!!!

Pour le reste, on peut dire que les traces GPX sont relativement précises mais les explications du topoguide parfois compliquées et on s'égare. 

J'ai acheté une carte pour traverser le Queyras et l'Ubaye et c'était bien agréable d'avoir une vue d'ensemble de la région pour choisir au mieux son itinéraire et s'orienter comme au bon vieux temps.

Equipement

Pour voyager loin, il faut ménager sa monture et donc éviter de porter plus que 15% de son propre poids. Il faut tout peser scrupuleusement et prendre le temps de réfléchir à ce qui est vraiment indispensable. On se sent léger dans sa tête quand le sac est réduit à l'essentiel, c'était pour moi l'essence de ce voyage. S'alléger!

Je me suis beaucoup inspiré des marcheurs qui suivent le Pacific Crest Trail, ce sentier de plus de 5000 km qui longe la côte ouest des Etats-Unis entre le Mexique et le Canada. Ceux qui arrivent à destination sont ceux qui ont voyagé le plus légèrement, en moyenne leur sac pèse 6.8kg sans l'eau ni la nourriture ni les consommables. Le mien au départ pesait 7.6kg mais il atteint à certains moments du trek, près de 15kg! https://darwinonthetrail.com/

Investir si possible dans du matériel neuf et ultra léger, sans se ruiner. Mais attention à la solidité et au confort, j'en ai fait les frais avec mon sac à dos.


Voici donc des commentaires sur quelques éléments de mon équipement puis la check list détaillée avec les poids et les marques. Je les ai mises à titre indicatif, je ne suis en aucun cas rémunéré par une quelconque marque mais j'ai évité par bienveillance d'indiquer la marque de mon sac à dos.
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SAC A DOS PETIT, CONFORTABLE ET SOLIDE
Beaucoup étaient étonnés par le taille réduite de mon sac, j'avais choisi délibérément un sac de 45 litres et ça a suffi pour marcher en solo avec au maximum une autonomie de 3 jours. En revanche, j'ai fait une erreur en choisissant ce sac sur internet, j'aurais dû me déplacer dans un magasin et l'essayer. Je l'ai choisi parce qu'il pesait 200g de moins qu'un autre sac  qui me plaisait vraiment et qui était beaucoup plus confortable. J'ai jeté mon sac aux orties dès mon arrivée, il était déchiré de partout, j'ai passé mon temps à recoudre les poches en mesh et ses bretelles étaient vraiment trop légères, elles me sciaient les épaules.

TENTE OU TARP ?
J'ai hésité jusqu'au  jour de mon départ entre ma tente mono paroi et un tarp qui pesait deux fois moins, j'ai choisi le tarp et je m'en suis félicité. J'ai quand même rencontré des mésaventures avec ce vieux tarp italien qui n'était plus étanche, j'en ai changé en cours de route. Mais le tarp est un instrument formidable pour se connecter avec la nature, comprendre d'où vient le vent, anticiper les problèmes qui pourront survenir dans la nuit.
Je n'ai jamais été piqué ou visité par aucun animal. Il faut le choisir suffisamment grand, idéalement 3mx3m.

TAPIS DE SOL INDISPENSABLE
C'était nécessaire pour moi d'en avoir un sous mon tarp et il m'a aussi servi lors d'un orage pour me protéger. Il m'est aussi arrivé trois fois d'utiliser ma couverture de survie contre les projections de pluie.

SAC DE COUCHAGE EN SYNTHETIQUE
J'avais choisi une température de 0°C, c'était largement suffisant même si j'ai dû dormir deux fois avec mon anorak mais jamais utilisé de chaussettes.
J'ai choisi délibérément un sac de couchage synthétique pour un séchage facile en cas de pluie et effectivement il a été mouillé deux fois et a séché facilement avec un feu de camp. J'ai toujours mis un sac à viande en soie à l'intérieur.

MATELAS GONFLABLE INCREVABLE
C'est un Thermarest que je possède depuis de nombreuses années, il est solide, d'un grand confort et n'a jamais crevé.

VETEMENTS EN MERINOS
J'ai investi dans de  la laine mérinos pour mes chaussettes, caleçons et tee-shirts et je ne le regrette pas. Les chaussettes durcissent mais je les ai tenues entre 3 et 5 jours sans qu'elles ne dégagent d'odeurs, c'est incroyable et les pieds ne transpirent pas du tout.  Mon tee-shirt à manches longues pour le soir et la nuit n'a pas été lavé une seule fois en 80 jours et il ne sentait rien d'autre que le feu de bois, épatant! Les tee-shirts en revanche marquaient la sueur au bout de 3 jours mais ils dégagent très peu d'odeur.

RECHAUD A ALCOOL
J'avais bien noté sur internet la difficulté qu'avaient les marcheurs au long cours à trouver du gaz tout au long des 8 pays traversés (sans compter le problème de compatibilité des cartouches, bref!). Je possède un réchaud à essence Optimus mais il est trop lourd pour un marcheur solo et je me doutais aussi qu'on ne trouve pas facilement de stations essence dans les petits villages traversés. J'ai donc opté pour un réchaud fonctionnant à l'alcool brûlé qu'on se procure absolument partout et pas cher. Et pour alléger mon sac, j'ai fabriqué moi-même grâce à des forums et à Youtube un réchaud à alcool avec une canette de soda (3 cm pour le bas et 4 cm pour le haut).  Pour un résultat optimum, mon réchaud était abrité dans une boite de pois-chiche percé sur les côtés pour un bon tirage et surtout toujours protégé par un pare-vent circulaire qui épousait parfaitement la forme de la bouilloire. Quand il faisait trop froid et que l'alcool ne prenait pas, il suffisait de jeter un morceau de papier enflammé dedans. Ce réchaud est le seul élément de mon équipement que j'ai fabriqué et chaque jour je m'en suis réjoui. Autre avantage de l'alcool à brûler, c'est d'aider à démarrer le feu de bois, un mode de cuisson que j'ai utilisé plus de la moitié du temps.

BOUILLOIRE, POPOTE ET SPORK
Je sais grâce à mon  expérience du trek et surtout de longs trips en bateau l'importance de l'alimentation, non seulement équilibrée mais surtout goûteuse. Voilà pourquoi il était hors de question de juste manger des nouilles chinoises ou des repas déshydratés. J'avais donc une bouilloire et une popote dans laquelle j'ai cuisiné tous les soirs, je vous renvoie sur mon article "cuisine et alimentation". L'avantage de la bouilloire, c'est qu'on la met aussi facilement sur le feu, tout comme la popote, contrairement à ces nouvelles gamelles en titane trop hautes et qui menacent toujours de se renverser.
Quant à la spork en titane à long manche, c'est très pratique pour cuisiner sur le feu de bois sans se brûler, un peu moins pour manger des trucs liquides mais finalement, la soupe, ça se boit.

GOURDE SOUPLE A FILTRE
Il faut boire dès qu'on voit un point d'eau et avant d'avoir soif, ça évite d'en transporter!  Il y a partout des abreuvoirs,  surtout des sources et des cours d'eau qui dispensent une eau très pure que j'ai bue directement à la main. J'avais aussi une gourde filtre Katadyn très utile que je remplissais à moitié. En juillet, malgré la canicule, je n'ai eu aucun problème pour trouver de l'eau en Autriche. Le soir, avant d'établir le campement, si j'avais un doute sur l'approvisionnement en eau, je remplissais ma gourde Hydrapak de 2 litres pour le repas du soir et le lendemain matin.

UN TELEPHONE PORTABLE ET DEUX BATTERIES
J'ai pris le risque de n'emporter avec moi aucune carte, j'en ai juste acheté une pour la traversée du Queyras et de l'Ubaye en France quand j'étais en dehors de la trace GPX de la Via Alpina (voir l'article sur "orientation et cartographie"). Avec deux batteries, j'avais une autonomie de 6 à 7 jours, je m'arrêtais donc une seule fois par semaine en refuge ou camping pour recharger. J'aurais pu me munir d'un panneau solaire mais je n'avais pas envie de me charger davantage, ni de me préoccuper de l'orientation du panneau, ni de ressembler à un satellite en orbite. Sur le haut de mon sac, il y avait souvent mes affaires qui séchaient, je faisais de la lessive dès que possible, parfois tous les jours.

LISEUSE FRAGILE
J'ai acheté une liseuse non seulement pour pouvoir lire mais aussi pour avoir un backup des cartes de toute la traversée. En fait, les cartes étaient illisibles sur cet écran en noir et blanc, j'ai eu finalement très peu de temps pour lire, à peine lu 3 livres en 80 jours en raison du planning de marche soutenue, et puis au bout de 60 jours, l'écran de la liseuse a cassé.

TRUELLE : LEAVE NO TRACE
Pour laisser cette nature aussi intacte et belle que possible, il est important de ne pas laisser de trace. Recouvrir le foyer du feu avec des pierres, redresser l'herbe sur laquelle on a planté sa tente et utiliser sa truelle en plastique pour enfouir ses besoins et le papier. La truelle m'a aussi servi en Slovénie pour creuser la neige.

BATONS DE MARCHE SOLIDES ET LEGERS
Mes bâtons étaient en carbone et alumium et l'un d'eux a cassé net le 77ème jour. Il faut éviter d'économiser sur un article aussi précieux pour sa sécurité!

CHAUSSURES A TIGE HAUTE EN CUIR INDISPENSABLES
En marchant entre 7 et 10 heures par jour, sur des terrains accidentés et avec une lourde charge, il faut prendre grand soin de ses pieds. Une semelle assez rigide garantit de ne pas trop fatiguer la plante des pieds. Mais surtout la tige haute mobilise tout le pied, pas seulement la cheville et la plante, c'est très appréciable en descente, quand on pose le pied sans se soucier de se faire mal. Une chaussure résistante et lourde rassure aussi quand il faut tailler des marches dans la neige.
Autre avantage: l'imperméabilité, j'ai passé des heures entières dans la neige ou sous la pluie en gardant mes pieds au sec contrairement à mes compagnons de voyage qui avaient des baskets de trail ou des chaussures légères. Et enfin, la résistance, mes chaussures Meindl ont été mises à rude épreuve en 80 jours mais elles ont tenu bon même si leurs semelles sont usées et l'une d'elles est percée sur le côté. Il faut bien sûr prendre soin d'acheter ses chaussures à l'avance et de les casser sur plusieurs week-ends. J'ai eu toutes sortes de chaussures pour le trek, chaussures de trail ou chaussures basses mais c'est la première fois que j'achetais des tiges hautes et je ne l'ai pas regretté malgré leur prix (plus de 250 euros).

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CHECK LIST SAC A DOS en détail.  Poids en grammes.
MATERIEL BASE
SAC  >>>>>>>>>>>>>>> 810
sac à dos                                       XXXXXXX810
COUCHAGE >>>>>>>>>>>>>>>> 2470
tarp 3F 660
tapis de sol  Nature hike 240
sac de couchage                                                  Hyper lamina spark Mountain hardware 800
oreiller gonflable Nature hike 70
matelas gonflable Thermarest 550
sac viande soie Decathlon 150
VETEMENTS  >>>>>>>>>>>>>>>> 1326
 tee shirt court merinos                                  Aklima 150
tee shirt long merinos Kathmandu 212
caleçon merinos Ice breaker 94
short léger 70
gants 120
bonnet HAD 50
buff Eiger 35
doudoune  trek 100  capuche Decathlon 365
veste pluie    - LIM Proof - Bleu Haglofs 230
CUISINE  >>>>>>>>>>>>>>> 777
réchaud top notch + booster                + 2 briquets fait maison 90
pare-vent Optimus 50
bouilloire aluminium Eiger 200
popote rectangulaire inox 150
 spork + eponge fer + chiffon Toaks 50
quart fold a cup Wildo 24
couteau Opinel 8 50
gourde souple à filtre Be free katadyn 1 l 63
poche à eau Hydrapak 100
DIVERS >>>>>>>>>>>>>>>> 2253
smartphone Samsung A7 270
liseuse Touch HD PLUS  TEA pocketbook 155
chargeur + ecouteurs 128
2 power bank 10.000mah  440
affaires toilettes + serviette                         + savon 260
truelle Coghlan's 60
reparation (fils et aiguilles) 50
pharmacie + couv. survie 260
crème solaire 100
2 lunettes vue + 1 soleil 200
sifflet 5
boussole 20
lampe frontale rechargeable Blackdiamond 45
papiers et argent + cahier stylo 260
SOUS-TOTAL base  +++++++++++++++ 7636
CONSOMMABLES
nourriture 3 jours  3000
eau 1000
PQ 50
alcool à bruler 900
SOUS-TOTAL consommables++++++++++++++++ 4950
TOTAL SAC 12586
porté sur moi
chapeau Decathlon
chemise Lafuma
tee shirt court merinos Ice breaker
caleçon merinos Ice breaker
pantalon rando Decathlon
chaussettes laine
chaussures Meindl
batons de marche carbone UL Nature hike
montre altimètre Suunto