J’ai 53 ans et je ne crois pas que j’aurais pu me lancer dans
cette aventure plus tôt. J’avais déjà connu des expériences de trek en solo qui
n’avaient jamais dépassé 5 jours. Il faut se sentir bien avec soi-même, être
apaisé, avoir domestiqué ses peurs y compris celles que suscitent vos amis
bienveillants qui vous demandent comment vous réagirez face aux ours et aux
loups. C’est une formidable sensation d’être seul dans la nature avec sa maison
sur le dos et de ne devoir compter que sur soi-même, de retrouver au fond de
soi un instinct de survie et d’adaptation. En chemin, il y a de nouvelles peurs
qui naissent, pour ma part en franchissant des précipices et des endroits
escarpés et glissants dans la neige et sur le caillou. Des endroits qui ont
suscité des cauchemars après coup et où j’espère ne jamais avoir à passer à
nouveau. Mais presque jusqu’au dernier jour, j’ai été confronté à cette peur de
tomber.
Je pratique
la rando depuis très longtemps et mon terrain de jeu est l'Indonésie où je vis.
Je grimpe très régulièrement des volcans et organise des treks de plusieurs
jours. J'ai fait des rando dans les mois précédant mon départ afin de tester le
matériel.
Je suis un
adepte du yoga Iyengar depuis 4 ans que je pratique à raison de 6 heures
par semaine. En plus de la musculation profonde et de l'équilibre que ça
apporte, ça contribue à renforcer les jambes.
Je cours
aussi, pratiquant assidu du Bali Hash House Harriers, des courses de
type trail dans les rizières et la jungle de Bali, toujours suivies d'une
troisième mi-temps pleine de rires et où la bière coule à flots.
Dans les
mois qui ont précédé mon départ, pour améliorer le cardio, j'ai fait pas
mal de vélo et de natation. C'est le seul sport avec la natation
qui permet de faire de l'endurance à un rythme compris entre 120 et 130
pulsations par minute, j'ai senti rapidement les bénéfices pour la course et
plus tard pour le trek.
Concernant
la préparation mentale, j'ai commencé la méditation Vipassana il y a
déjà 6 ans, des retraites silencieuses de 10 jours qui contribuent entre autres
à apprécier la solitude et la compagnie de soi-même. Et puis je jeûne
(méthode Buchinger) pendant 4 sessions de 10 jours par an. J'ai bien consience
que ces pratiques requièrent une grande discipline personnelle et qu'elles ont
beaucoup contribué à mon équilibre pendant ces 80 jours.
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